BILAN CLÔTURE · KenGen, la principale société de production électrique du Kenya, a sécurisé l'équivalent de 81 millions de dollars auprès de la Banque mondiale (IDA) et du Fonds vert pour le climat (GCF) pour déployer un système de stockage par batteries de 100 MWh. Un projet qui marque un tournant dans la gestion du réseau est-africain.
Un financement mixte Banque mondiale — Fonds vert pour le climat
Le financement repose sur deux sources institutionnelles majeures : le GCF des Nations unies apporte 45 millions de dollars, tandis que l'Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale contribue à hauteur de 32,08 millions d'euros. L'enveloppe totale s'établit à 10,5 milliards de shillings kényans, soit environ 81 millions de dollars selon la Direction générale du Trésor français dans son bulletin hebdomadaire Afrique de l'Est et océan Indien du 6 novembre 2026.
100 MWh pour stabiliser le réseau aux heures de pointe
Le système de stockage par batteries (BESS) stocke l'électricité excédentaire produite par les centrales éoliennes et solaires de KenGen, puis l'injecte sur le réseau national le soir, lorsque la demande est la plus forte. L'objectif est double : réduire la dépendance aux centrales thermiques — plus coûteuses et polluantes — et renforcer la stabilité de l'approvisionnement en heure de pointe.
KenGen gère déjà 70 % de la capacité installée du Kenya (géothermique et hydraulique principalement) et développe 100 MW de solaire flottant sur le lac Turkana. Ce BESS complète l'arsenal renouvelable de l'une des économies électriques les plus diversifiées d'Afrique de l'Est.
Un contexte macroéconomique kényan contrasté
Cette annonce intervient alors que l'inflation kényane a accéléré à 7,3 % en octobre 2026, tirée par les carburants, selon les dernières données officielles. L'indice PMI d'octobre est toutefois en hausse, signal d'une activité manufacturière résiliente. La Banque mondiale a par ailleurs relevé sa prévision de croissance pour le Kenya en 2026, confirmant le potentiel de l'économie.
Le Kenya, hub ClimateTech de l'Afrique de l'Est
Selon la DG Trésor, le Kenya capte déjà plus de la moitié des financements ClimateTech d'Afrique et se classe troisième sur le continent pour les transactions en cryptomonnaies. Ce projet KenGen s'inscrit dans une stratégie cohérente de positionnement comme hub vert régional, qui attire à la fois les investisseurs institutionnels et les acteurs privés de la transition énergétique.
Pourquoi c'est important
Le stockage par batteries reste rare à grande échelle en Afrique subsaharienne. Le financement de 81 millions de dollars par la Banque mondiale et le GCF envoie un signal fort : la transition énergétique africaine ne peut se consolider sans sécuriser les réseaux instables par du stockage. Pour l'Océan Indien, ce projet kényan constitue une référence. Maurice et La Réunion, qui développent leurs propres stratégies de transition énergétique insulaire, suivront de près ce modèle de financement mixte public-privé, potentiellement adaptable à leurs contextes respectifs.