Le Kenya a enregistré en 2025 un record historique d'investissements directs étrangers (IED) : 3,2 milliards de dollars, selon le Kenya Investment Authority (KenInvest). John Mwendwa, son directeur général, a confié : « Pour la première fois dans notre histoire, les IED ont dépassé 3 milliards de dollars. » Et 2026, selon lui, s'annonce encore meilleure.
Nairobi, hub financier et technologique en expansion
Le Nairobi International Finance Centre (NIFC), créé en 2022, vient d'admettre 15 nouvelles entreprises en juillet 2026, portant son effectif total à 41 membres. Ces 15 nouvelles entrées représentent 25,8 milliards de shillings (environ 200 millions de dollars) d'investissements combinés et devraient créer plus de 1 000 emplois. Le directeur général du NIFC, Daniel Mainda, a résumé l'ambition : « Il s'agit de mobiliser des capitaux vers des secteurs productifs et de faire du Kenya la destination de choix pour les investisseurs. »
Les incitations fiscales expliquent une partie de l'attractivité : les entreprises certifiées NIFC bénéficient d'un taux d'imposition sur les sociétés de 15 % pendant dix ans (contre 30 % standard), sous réserve d'un investissement minimum de 3 milliards de shillings dans l'économie kényane. Les startups disposent pour leur part d'un régime à 15 % pendant trois ans.
L'IA, vecteur central de la stratégie kényane
Au-delà de la finance, le Kenya positionne Nairobi comme hub continental de l'intelligence artificielle. En 2025, l'investissement en startups technologiques a frôlé le milliard de dollars. Des data centers verts sont en cours de déploiement, exploitant les 93 % d'électricité renouvelable du réseau kényan — un argument rare sur le continent. Oracle a d'ores et déjà annoncé un investissement dans un centre de données à Nairobi, et d'autres acteurs majeurs suivent.
La conférence d'investissement de mars 2026 a engrangé 2,9 milliards de dollars de commitments supplémentaires. Le Kenya capitalise sur son écosystème tech mature, sa position géographique stratégique et une main-d'œuvre qualifiée en croissance rapide.
Pourquoi c'est important
Le Kenya incarne le modèle de ce que peut devenir un hub régional africain combinant finance et technologie. Pour les entrepreneurs et investisseurs de l'Océan Indien, Nairobi est une plateforme d'accès à l'Afrique de l'Est et au-delà — et les 15 % d'impôt du NIFC sont difficilement concurrençables. La montée en puissance du Kenya comme hub IA africain change aussi les cartes dans la région : qui investit à Nairobi aujourd'hui joue sur un plateau de dimension continentale.