[KENYA / AFRIQUE] Geely investit 3 milliards de dollars pour assembler des véhicules électriques au Kenya

Geely s'engage à déployer 3 milliards de dollars au Kenya pour assembler des véhicules électriques. Nairobi se positionne en hub automobile de l'Afrique de l'Est face aux importateurs japonais.

Kenya — Business.OI
Photo : Craig Adderley / Pexels

Le géant automobile chinois Geely a conclu avec le Kenya un accord de 3 milliards de dollars (390 milliards de shillings) pour produire et assembler localement des véhicules électriques. Annoncé le 9 octobre 2026, ce partenariat stratégique positionne Nairobi comme futur hub automobile de l'Afrique de l'Est.

Un accord présenté par le président Ruto en personne

C'est le président William Ruto lui-même qui a dévoilé le plan lors d'une cérémonie officielle : Geely Auto, deuxième constructeur automobile chinois par les ventes, s'engage à déployer 390 milliards de shillings sur plusieurs années pour installer des lignes d'assemblage de véhicules électriques au Kenya. L'accord prévoit une production locale significative, avec des objectifs d'intégration de composants fabriqués sur place.

La deal couvre aussi bien les véhicules particuliers que les utilitaires — bus et motos électriques inclus, secteurs où la demande kenyane est en forte croissance depuis l'explosion des plateformes de transport à moto (boda-boda).

La montée en puissance silencieuse des constructeurs chinois au Kenya

Ce grand accord s'inscrit dans une tendance plus large. Selon le Business Daily Africa, des constructeurs comme Dongfeng assemblent déjà discrètement des véhicules au Kenya, tandis que des marques chinoises comme BYD, Chery et SAIC Motors grignotent des parts de marché aux importateurs japonais de véhicules d'occasion — un marché qui représentait encore 75 % des immatriculations kenyanes en 2024.

La stratégie de Geely est claire : s'implanter dans l'assemblage local permet d'éviter les droits de douane sur les véhicules finis et de bénéficier des accords commerciaux de la ZLECAf, dont le Kenya est membre actif.

L'Afrique de l'Est comme tête de pont

Le choix du Kenya n'est pas anodin. Nairobi est la capitale régionale de facto pour les entreprises opérant en Afrique de l'Est : infrastructure logistique, main-d'œuvre qualifiée, accès aux marchés de l'EAC (Communauté d'Afrique de l'Est). L'accord Geely pourrait ainsi créer un effet d'entraînement sur d'autres pays de la région, potentiellement jusqu'à Maurice et La Réunion via les corridors commerciaux de l'Océan Indien.

Pourquoi c'est important

3 milliards de dollars, c'est l'un des plus grands investissements étrangers jamais annoncés dans l'industrie kenyane. Si l'accord se concrétise au rythme annoncé, il transformera la base industrielle du pays et accélérera la transition vers la mobilité électrique en Afrique de l'Est — avec des effets potentiels sur les prix dans toute la région.

Sources : China Global South Project, Standard Media Kenya, Business Daily Africa — 9 octobre 2026.

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