Signé le 10 juillet 2026 entre Ethiopian Electric Utility et Kenya Power, cet accord historique de 25 ans place le barrage de la Renaissance au cœur de l'intégration énergétique est-africaine. Un signal fort pour toute la région, y compris pour les pays de l'Océan Indien membres de l'EAPP.
Un contrat qui redessine la carte électrique régionale
L'Ethiopian Electric Utility (EEU) et Kenya Power and Lighting Company (KPLC) ont officialisé le 10 juillet 2026 un accord d'achat d'électricité à long terme. Le tarif retenu est de 15,5 cents de dollar américain par kilowatt-heure — soit 24,07 birrs éthiopiens — assorti d'une charge de capacité additionnelle de 1 010,89 birrs. Les PDG respectifs, Getu Geremew (EEU) et Joseph Siror (KPLC), ont paraphé cet accord qui s'inscrit dans le prolongement d'un cadre général signé en 2022.
La source d'énergie centrale est le Grand Barrage de la Renaissance Éthiopien (GERD), dont la capacité installée dépasse aujourd'hui les 5 000 MW — l'un des équipements hydroélectriques les plus puissants du continent africain.
L'Eastern Africa Power Pool en ordre de marche
L'accord s'intègre pleinement dans le cadre de l'Eastern Africa Power Pool (EAPP), l'initiative régionale qui vise à fluidifier le commerce de l'électricité entre les 13 pays d'Afrique orientale, dont les Comores et les Seychelles. Pour Kenya Power, l'enjeu est double : sécuriser l'approvisionnement face à une demande croissante et réduire la dépendance aux énergies fossiles importées.
Les zones frontalières éthio-kenyanes seront parmi les premières bénéficiaires, avec une amélioration attendue de la qualité de l'approvisionnement dans des régions historiquement sous-équipées.
Un modèle pour les corridors africains
« Cet accord illustre concrètement ce que l'intégration régionale peut produire », soulignent les deux parties. Au-delà du volet commercial, il constitue un modèle de partenariat énergétique susceptible d'inspirer d'autres corridors — vers Djibouti, la Somalie, et à terme les pays membres de la Commission de l'Océan Indien.
Pour l'Afrique de l'Est, dont la croissance a atteint 6,6 % en 2025 selon la Banque africaine de développement, la sécurisation de l'énergie reste un prérequis incontournable pour maintenir cette dynamique.
Pourquoi c'est important
La demande électrique de l'Afrique de l'Est devrait doubler d'ici 2035. Sans interconnexions transfrontalières, les économies les plus dynamiques du continent risquent d'être freinées par des pénuries structurelles. Cet accord à 25 ans entre l'Éthiopie et le Kenya pose une brique fondamentale et démontre qu'un marché régional de l'énergie est désormais une réalité en construction — non plus une ambition abstraite.
Sources : Ecofin Agency, Capital Ethiopia, juillet 2026.