Le géant français du transport maritime CMA-CGM a signé en mai 2026 un partenariat stratégique de 700 millions d'euros pour moderniser et étendre le port de Mombasa, consolidant le Kenya comme hub logistique incontournable pour l'ensemble de l'Afrique de l'Est.
Le plus grand investissement africain de CMA-CGM
Signé le 10 mai 2026, l'accord entre CMA-CGM et les autorités portuaires kényanes représente le plus grand investissement privé africain jamais réalisé par le groupe français dans le transport maritime. L'enveloppe de 700 millions d'euros finance la modernisation des terminaux à conteneurs existants et la construction de nouvelles capacités d'accueil pour des navires post-Panamax. Le port traite actuellement entre 2,1 et 2,3 millions d'EVP (équivalents vingt pieds) par an.
Un carrefour pour cinq pays enclavés
Mombasa constitue la porte maritime de cinq pays sans accès direct à la mer : l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi, le Soudan du Sud et l'est de la République démocratique du Congo. En modernisant ce nœud logistique, CMA-CGM renforce son positionnement sur l'ensemble du corridor commercial est-africain, directement lié aux échanges générés par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
L'investissement est décrit comme « l'offensive la plus ambitieuse de la France dans le transport maritime privé africain », dans un contexte de compétition accrue avec des opérateurs chinois et émiratis qui avancent leurs pions sur les infrastructures portuaires du continent.
Pourquoi c'est important
Pour les opérateurs de l'Océan Indien, un Mombasa renforcé signifie des liaisons plus directes et potentiellement moins coûteuses vers les marchés de l'Afrique de l'Est. La modernisation portuaire kényane s'inscrit dans un mouvement de restructuration des routes maritimes de la région : qui contrôle les ports contrôle les flux commerciaux. À surveiller de près pour les exportateurs de Maurice, de Madagascar et de La Réunion engagés sur les marchés africains.
Source : Afrik-Inform — mai 2026