La Banque centrale du Kenya (CBK) a relevé ses prévisions de croissance lors de sa réunion du comité de politique monétaire du 8 octobre 2026. Le gouverneur Andrew Kamau a annoncé une accélération attendue à 5,3 % en 2027, contre 5,0 % estimé pour 2026 et 4,6 % enregistré en 2025. Le taux directeur est maintenu à 8,75 %, signe d'une confiance prudente dans la trajectoire économique.
Un premier trimestre 2026 solide
La révision s'appuie sur des fondamentaux en amélioration. Au premier trimestre 2026, l'économie kenyane a progressé de 5,3 % en rythme annuel, contre 4,9 % sur la même période en 2025. Les services — portes d'entrée de la numérisation — ont conduit la croissance avec une prévision de 5,6 % pour 2026 et 5,9 % en 2027. L'industrie, portée par le logement abordable et les partenariats public-privé, est attendue à 5,2 %, et l'agriculture à 3,0 %.
Crédit privé et inflation sous contrôle
Le crédit au secteur privé a rebondi à +10,6 % en septembre 2026, après une contraction de 2,9 % en janvier 2025. Cette reprise traduit une normalisation des conditions financières : les taux d'intérêt moyens ont baissé depuis le début de l'année, et le ratio de créances douteuses s'est amélioré, retombant à 13,9 % contre 17,6 % en août 2025.
L'inflation s'établit à 6,8 % en septembre 2026, dans la fourchette cible de 2,5 à 7,5 % fixée par la CBK. La hausse provient principalement des produits alimentaires transformés. Les réserves de change atteignent 14,7 milliards de dollars, représentant 5,9 mois d'importations — un niveau rassurant pour la stabilité externe du pays.
Des risques extérieurs à surveiller
La CBK identifie plusieurs facteurs de risque : le conflit au Moyen-Orient pèse sur les coûts du carburant et la logistique ; l'incertitude commerciale mondiale et la guerre en Ukraine affectent les anticipations ; et un possible épisode El Niño pourrait perturber l'agriculture. L'inflation mondiale est révisée à la hausse à 4,7 % en 2026 selon la banque centrale. Le déficit courant devrait par ailleurs se creuser à 3,2 % du PIB en 2026, en raison d'importations pétrolières plus élevées.
Pourquoi c'est important
Le Kenya est l'un des moteurs économiques d'Afrique de l'Est, et ses prévisions de croissance influencent directement les décisions d'investissement dans toute la région. Une accélération à 5,3 % en 2027, portée par les services numériques et une politique de crédit plus accommodante, envoie un signal positif aux investisseurs institutionnels et aux partenaires de l'OI.
Source : CBK Monetary Policy Committee — communiqué du 8 octobre 2026 / People Daily Kenya