En 2025, les startups kenyanes ont levé 984 millions de dollars de capital-risque — une hausse de 52 % par rapport à l'exercice précédent — permettant à Nairobi de ravir à Lagos le titre de première destination africaine des investisseurs en capital. C'est la première fois que le Kenya devance le Nigeria sur ce critère clé de l'attractivité technologique. À l'échelle continentale, les startups africaines ont collectivement levé 3,1 milliards de dollars en 2025, contre 2,2 milliards en 2024.
La tech climatique domine le podium
Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas la fintech qui a propulsé la performance kenyane : c'est le secteur de la tech climatique et des énergies propres. Cinq entreprises — d.light, Sun King, M-Kopa, Burn et PowerGen — ont concentré à elles seules 82 % du financement total. Ce chiffre illustre la maturité d'un segment qui répond à une demande massive : l'accès à l'électricité propre pour des millions de foyers est-africains. La taille moyenne d'un deal kenyan atteignait 6,9 millions de dollars, contre 1,6 million au Nigeria.
Nigeria : plus de volume, moins d'envergure
Lagos reste le champion du nombre de transactions avec 205 deals en 2025 — le plus grand volume du continent — mais l'absence de méga-tour a pesé dans la balance. Le Kenya, lui, a décroché quatre grandes levées qui ont suffi à faire la différence. Un modèle qui illustre la divergence entre les deux écosystèmes : le Nigeria multiplie les petites opérations, le Kenya mise sur des champions à fort potentiel de croissance régionale.
Un écosystème qui consolide
Les acquisitions intra-africaines ont bondi de 69 % à 66 opérations en 2025, signe d'un marché en phase de consolidation. Le classement du Financial Times des entreprises africaines à la croissance la plus rapide a d'ailleurs placé 17 sociétés kenyanes au deuxième rang mondial — devant les 16 nigérianes. Ce déclassement symbolique s'ajoute à la sélection de Nairobi comme premier siège régional du Centre du commerce international (ITC) hors de Genève.
Pourquoi c'est important
Ce basculement en faveur de Nairobi redistribue les cartes de l'attractivité technologique en Afrique orientale. Pour la région Océan Indien, le signal est fort : les capitaux internationaux ciblent de plus en plus l'Afrique de l'Est comme terrain d'investissement stratégique. Maurice, qui accueillera l'US-Africa Business Summit en décembre 2026, et Madagascar, qui cherche à séduire des investisseurs étrangers, devront intégrer cette nouvelle réalité concurrentielle dans leur stratégie d'attractivité. La compétition pour les talents et les fonds en Afrique orientale ne fait que commencer.
Sources : TechInAfrica, BusinessDay NG, Rio Times Online.