La Banque Centrale des Comores (BCC) a publié son rapport annuel 2025 fin août 2026, dressant un bilan encourageant pour le secteur bancaire de l'archipel. Le système bancaire comorien a enregistré une progression d'activité de 14 % sur l'année, la meilleure performance depuis plusieurs années selon la BCC.
Des réformes structurelles qui portent leurs fruits
« Plusieurs années de réformes structurelles » ont été nécessaires pour en arriver là, reconnaît la Banque centrale dans son rapport. La qualité du portefeuille de crédit s'est sensiblement améliorée, et le secteur affiche une « stabilité croissante » dans une économie insulaire historiquement sous-bancarisée. Les Comores font partie de la zone franc, avec une parité fixe entre le franc comorien et l'euro, ce qui constitue un facteur de stabilité monétaire.
Ce réveil bancaire s'inscrit dans un contexte macroéconomique favorable : la croissance économique des Comores avait atteint 3,8 % en 2025, son meilleur niveau depuis le Covid-19. Le secteur touristique reprend progressivement, tandis que les transferts de la diaspora — première source de devises du pays — ont continué de progresser.
Des priorités pour 2026 : modernisation et inclusion
La BCC a fixé deux axes prioritaires pour 2026 : la modernisation des infrastructures de paiement et l'inclusion financière. L'objectif est d'élargir l'accès aux services bancaires de base à une population qui reste majoritairement exclue du système formel. Le développement du mobile money, en plein essor dans la sous-région de l'Océan Indien, constitue l'un des leviers identifiés.
« Pourquoi c'est important » : Les Comores sont souvent le parent pauvre des analyses économiques de l'Océan Indien. Ce rapport de la BCC montre que l'archipel avance — certes à son rythme — vers une plus grande maturité financière. Un secteur bancaire solide est la condition sine qua non de l'investissement privé et de la diversification économique.
Des défis persistants
Malgré ces avancées, des défis demeurent. L'archipel concentre encore un faible nombre d'établissements bancaires, et la concurrence reste limitée. Le financement des PME — épine dorsale de l'économie comorienne — reste difficile d'accès. La BCC entend aussi renforcer la supervision bancaire et la lutte contre le blanchiment, en cohérence avec les standards régionaux.