[COMORES] Économie bleue : la Banque mondiale identifie la ZEE comorienne comme levier de transformation durable

La Banque mondiale voit dans l'économie bleue le moteur de transformation des Comores : ZEE de 800 000 km², pêche à 16 % du PIB d'ici 2035, tourisme maritime ×4 d'ici 2030. Un capital marin à saisir.

Comores — Business.OI
Photo : Ashwin Kp / Pexels

Dans un rapport publié en juin 2025, la Banque mondiale identifie l'économie bleue comme la voie la plus prometteuse pour une croissance inclusive et durable aux Comores. Avec une zone économique exclusive (ZEE) de plus de 800 000 km², l'archipel dispose d'un capital marin considérable — encore largement sous-exploité — qui pourrait représenter 16 % du PIB d'ici 2035, contre 11,4 % en moyenne entre 2018 et 2024.

La pêche, un pilier à valoriser

Le secteur de la pêche représente en moyenne 11,4 % du PIB comorien entre 2018 et 2024. Son potentiel est bien supérieur : avec un encadrement technique et des investissements ciblés dans la chaîne de valeur (transformation, conservation, exportation), la Banque mondiale estime que la pêche pourrait atteindre 16 % du PIB d'ici 2035. Thon, bourgeois et langouste restent les principales ressources à valoriser sur les marchés régionaux et internationaux.

Le tourisme maritime, une piste encore timide

Le tourisme maritime représente une opportunité considérable : la Banque mondiale projette un quadruplement des visiteurs d'ici 2030 si des investissements adéquats sont réalisés dans les infrastructures d'accueil et de transport. La contribution du tourisme au PIB pourrait dépasser 6 % à l'horizon 2050, contre des niveaux actuels très faibles.

Un contexte macroéconomique à consolider

L'économie comorienne affiche une croissance de 3,4 % en 2024, projetée vers 4 % d'ici 2027. L'inflation, à 5,0 % en 2024 (contre 8,5 % en 2023), se stabilise. Le taux de pauvreté reste élevé à 38,1 % (seuil 3,65 USD/jour), mais des projections à 37,2 % pour 2025 indiquent une tendance favorable. Pour atteindre le statut de revenu intermédiaire supérieur d'ici 2050, les Comores devraient viser 6,1 % de croissance annuelle.

Pourquoi c'est important

Les Comores illustrent le paradoxe commun aux petits États insulaires en développement (SIDS) : une richesse maritime considérable face à des capacités institutionnelles et financières limitées. L'identification de l'économie bleue comme moteur principal de développement ouvre des perspectives de partenariats régionaux — notamment avec Maurice et les Seychelles — et de financements concessionnels sur lesquels l'archipel devrait capitaliser.

Source : Banque mondiale, communiqué de presse du 25 juin 2025.

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