Les Comores engagent leur plus grande transformation infrastructurelle depuis l'indépendance. Un méga-projet de corridor maritime, soutenu par la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur de 137 millions de dollars auxquels s'ajoutent plus de 110 millions supplémentaires d'autres partenaires — Banque mondiale, Banque islamique de développement, Agence française de développement (AFD), Union européenne et BEI —, vise à moderniser les infrastructures portuaires de l'archipel et à faire des Comores un pôle logistique régional.
Un archipel stratégiquement positionné
Avec sa position dans le canal du Mozambique, au carrefour des routes maritimes reliant l'Afrique à l'Asie, les Comores disposent d'un atout géographique sous-exploité. Le projet de corridor maritime entend capitaliser sur cette localisation : renforcer la connectivité entre les trois îles principales (Grande Comore, Anjouan, Mohéli), développer les échanges commerciaux avec la région et ouvrir la voie à une zone économique spéciale.
L'archipel affiche une croissance économique de 3,8 % en 2025, selon les données du FMI — sa meilleure performance depuis la pandémie de Covid-19. Ce regain de dynamisme offre un contexte favorable au décollage d'un projet d'une telle envergure.
Des milliers d'emplois attendus
Au-delà de la modernisation portuaire, le projet prévoit de développer des chaînes de valeur dans l'agriculture et la pêche — deux secteurs clés de l'économie comorienne — et de construire des infrastructures résilientes face au changement climatique. La création de « milliers d'emplois » au bénéfice des jeunes et des femmes est l'un des objectifs affichés.
Le financement de la BAD se compose d'un don de 135 millions du Fonds africain de développement et d'un don complémentaire de 2 millions du Fonds d'appui à la transition.
Pourquoi c'est important
Pour l'Océan Indien, un archipel des Comores mieux connecté change la donne. Une meilleure infrastructure portuaire réduit les coûts du commerce régional, facilite les échanges entre les îles de la COI (Commission de l'Océan Indien) et renforce la position de la zone comme hub de redistribution entre Afrique et Asie. Business.OI suivra de près l'avancement de ce projet qui pourrait redessiner la géographie économique de la sous-région.
Sources : Banque africaine de développement, Alwihda Info, Financial Afrik, FMI (2025-2026)