[AFRIQUE] UA à Abidjan : l'Afrique ne représente que 2 % de la valeur manufacturière mondiale

Abidjan accueille une session de l'UA sur le financement de l'industrialisation africaine. Le chiffre qui résume tout : 18 % de la population mondiale, 2 % de la valeur manufacturière. La ZLECAf comme levier de rattrapage.

Afrique — Business.OI
Photo : Keegan Checks / Pexels

Abidjan accueille du 20 au 22 juillet 2026 une session conjointe de deux comités techniques spécialisés de l'Union africaine, consacrée au financement de l'industrialisation du continent. Le constat de départ est cinglant : avec 18 % de la population mondiale, l'Afrique ne génère que 2 % de la valeur ajoutée manufacturière planétaire.

Le chantier colossal du rattrapage industriel

La réunion mobilise deux comités de l'UA — le 9e (finances, affaires monétaires, planification économique) et le 5e (commerce, industrie, ressources minérales). Ensemble, ils examinent les leviers concrets pour combler cet écart structurel : mobilisation des ressources intérieures, lutte contre les flux financiers illicites, corridors économiques transfrontaliers et durabilité de la dette.

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est au centre des débats. Bamba Vassogbo, représentant de la Commission de l'UA, l'a présentée comme « une opportunité historique » pour la transformation industrielle. « Aucun pays africain ne peut réussir seul », a-t-il déclaré.

La Côte d'Ivoire en vitrine

Le choix d'Abidjan n'est pas anodin. Le Plan National de Développement ivoirien 2026-2030 représente 114 838,5 milliards de francs CFA, dont plus de 70 % attendus du secteur privé. La Côte d'Ivoire s'est positionnée comme modèle sous-régional après avoir sécurisé plus de 80 milliards de dollars d'engagements lors du Sommet Africa Forward 2026 en mai dernier.

Les nœuds du débat

Les experts affrontent plusieurs équations délicates : comment financer l'industrie sans alourdir des dettes publiques déjà sous tension ? Comment transformer les matières premières localement plutôt que de les exporter brutes ? Comment attirer des investisseurs privés dans des pays encore perçus comme risqués ? La question de la lutte contre les flux financiers illicites — estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars par an sur le continent — cristallise les tensions.

Pourquoi c'est important

L'écart de 2 % versus 18 % traduit une réalité structurelle : l'Afrique exporte ses richesses brutes et importe les produits transformés à valeur ajoutée. Pour les économies de l'Océan Indien — Madagascar (graphite, nickel, vanille), Maurice (services financiers), Seychelles — l'agenda industriel de l'UA définit le cadre dans lequel se jouent les opportunités d'investissement de la décennie à venir. Chaque avancée sur la ZLECAf ouvre des marchés régionaux jusqu'ici inaccessibles.

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