L'Afrique s'apprête à inscrire une troisième année consécutive de records d'installations solaires. Selon les projections d'Ember et de l'African Tech Futures Lab publiées en août 2026, le continent devrait atteindre 17 gigawatts de nouvelles capacités photovoltaïques cette année, soit une progression de 45 % par rapport à 2025.
Une accélération inédite portée par plusieurs pays
La dynamique solaire africaine de 2026 est portée par plusieurs marchés simultanément. L'Afrique du Sud reste le premier marché du continent en volume cumulé grâce à son programme REIPPPP, mais de nouveaux pays émergent : le Nigeria a signé un accord de 200 millions de dollars pour connecter les zones rurales par mini-réseaux solaires, et plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest francophone (Bénin, Côte d'Ivoire, Sénégal) accélèrent leurs appels d'offres.
Les taux d'électrification rurale restent dramatiquement bas dans certaines zones — entre 2 % et 10 % dans des régions de Bénin, Burkina Faso et Niger — ce qui explique l'intérêt croissant des investisseurs pour les mini-réseaux décentralisés plutôt que pour la seule extension du réseau national.
Un déficit de 600 millions de personnes sans électricité
Malgré les records d'installation, environ 600 millions de personnes en Afrique n'ont toujours pas accès à l'électricité selon les estimations de 2026. L'énergie solaire distribuée — panneaux individuels, mini-réseaux de village — est désormais considérée comme la voie la plus efficace pour atteindre les populations dispersées et mal desservies, notamment en Afrique subsaharienne et dans les zones côtières de l'Océan Indien.
Des investisseurs internationaux de plus en plus présents
L'African Energy Week 2026 de Cape Town, qui a réuni plus de 10 000 décideurs, a confirmé la transformation du secteur : les fonds institutionnels et les développeurs internationaux positionnent l'Afrique subsaharienne comme une priorité stratégique pour leur transition énergétique. Les projets d'envergure — parcs solaires de 100 à 500 MW — se multiplient du Kenya à la Zambie.
Pourquoi c'est important
Pour les décideurs économiques de l'Océan Indien, cette dynamique africaine est directement pertinente. Madagascar, les Comores et même La Réunion (dans sa stratégie de coopération régionale) peuvent bénéficier de ce flux de capitaux verts. L'énergie est la clé de la compétitivité industrielle : chaque mégawatt installé, c'est une entreprise de plus qui peut tourner, un emploi supplémentaire créé.