L'Afrique a attiré 70 milliards de dollars d'investissements directs étrangers (IDE) en 2025, soit un recul de 26 % par rapport aux 97 milliards enregistrés en 2024. C'est l'un des enseignements majeurs du World Investment Report 2026 de la CNUCED, publié ce mois-ci. Derrière ce chiffre, une réalité plus contrastée qu'il n'y paraît.
Un record 2024 qui masquait une anomalie
Les 97 milliards de dollars de 2024 étaient en grande partie portés par un mégaprojet unique : le développement de la zone de Ras El-Hekma en Égypte, qui avait gonflé artificiellement les statistiques d'Afrique du Nord. Sans cet effet de base, le recul continental est moins sévère qu'il n'y paraît. L'Afrique du Nord reste la plus touchée, avec une chute de 56 % de ses entrées d'IDE en 2025.
L'Afrique de l'Ouest tire son épingle du jeu
À contre-courant du reste du continent, l'Afrique de l'Ouest affiche une hausse de 44 % de ses IDE en 2025. La Guinée, portée par ses investissements miniers supérieurs à 8 milliards de dollars, et le Nigeria, avec environ 4 milliards dans les projets pétroliers, tirent cette progression. L'Afrique de l'Est enregistre, pour sa part, une croissance modeste de 12 %. En revanche, l'Afrique australe et centrale reculent chacune de 21 %, l'Afrique centrale tombant à 4,8 milliards de dollars.
Un Maroc en croissance, un continent qui reste sous-représenté
Le Maroc résiste bien : avec 3,33 milliards de dollars d'IDE en 2025, le royaume affiche une progression marquée qui contraste avec le repli régional. Pendant ce temps, les flux mondiaux d'IDE ont, eux, progressé de 6 % pour atteindre 1 600 milliards de dollars. L'Afrique, avec sa part de 4 à 6 % des flux globaux, reste structurellement sous-représentée.
Pourquoi c'est important
Le rapport CNUCED note un paradoxe encourageant : si les montants reculent, le nombre de projets greenfield et de financements structurés reste, lui, robuste — voire en hausse dans plusieurs régions. Le message est clair : l'Afrique doit passer d'une logique de grands coups à une logique de portefeuilles de projets bancables, capables d'attirer des investisseurs plus diversifiés, moins dépendants des commodités.