Le rapport 2026 de l'Africa Energy Chamber (AEC) dresse un tableau à la fois ambitieux et exigeant de la situation énergétique africaine. Pour tenir ses engagements climatiques tout en alimentant une population qui représentera 28 % de l'humanité en 2060, le continent devra mobiliser plus de 30 milliards de dollars par an d'investissements en infrastructures énergétiques jusqu'en 2030.
Un continent riche en énergie, mais insuffisamment électrifié
L'Afrique produit aujourd'hui 11,4 millions de barils équivalent pétrole par jour, une production projetée à 13,6 millions à l'horizon 2030. Sur le gaz, le continent pèse plus de 300 milliards de m³ par an, avec une part de 8,5 % du marché mondial du GNL (34,7 millions de tonnes). Des ressources considérables — et pourtant, l'accès à l'électricité reste une équation non résolue pour des centaines de millions d'Africains.
Les renouvelables s'accélèrent, le retard reste immense
Les investissements en technologies propres ont atteint 34 milliards de dollars entre 2020 et 2025. À fin 2024, 25 GW de capacités renouvelables avaient été sécurisées via des achats publics, auxquels s'ajoutent 11 GW via des accords privés. Ces volumes sont insuffisants au regard de la demande projetée : 2 291 TWh en 2050, soit plus du double des niveaux de 2025.
Pourquoi c'est important
L'AEC plaide pour une stratégie en trois piliers : accès généralisé à l'énergie, création de valeur locale et modernisation des réseaux. Le paradoxe africain — 28 % de la population mondiale en 2060 pour seulement 9 % des émissions énergétiques — place le continent dans une position singulière dans les négociations climatiques internationales. L'Afrique n'a pas à choisir entre développement et durabilité : elle a besoin des deux simultanément. Pour les investisseurs de l'Océan Indien et au-delà, les besoins structurels du continent en énergie représentent un gisement d'opportunités considérable — à condition que les cadres réglementaires et les garanties souveraines suivent.