[AFRIQUE] Nigeria : l'inflation recule à 15,91 % en juin, la CBN convoque son MPC le 21 juillet

L'inflation au Nigeria a reculé à 15,91 % en juin 2026, première baisse en trois mois. La Banque centrale (CBN) statue le 21 juillet sur son taux directeur dans un contexte de dilemme monétaire.

Nigeria — Business.OI
Photo : eniforo kelvin / Pexels

L'inflation au Nigeria a reculé à 15,91 % en glissement annuel en juin 2026, selon les données publiées le 15 juillet par le Bureau national des statistiques (NBS). C'est la première baisse en trois mois — un repli de 0,02 point de pourcentage — qui intervient à quelques jours d'une réunion stratégique du Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque centrale du Nigeria (CBN), convoquée le 21 juillet.

Un recul modeste, porté par la stabilité du naira

La détente, certes symbolique, s'explique principalement par des effets de base favorables et par la relative stabilité du naira sur les marchés des changes. Les prix non alimentaires ont ralenti plus nettement, tandis que les prix alimentaires restent sous pression, tirés vers le haut par des déficits d'approvisionnement dans plusieurs États du nord du pays. En mai 2026, l'inflation s'établissait à 15,93 %, son niveau le plus élevé depuis le début de l'année ; le mouvement de juin marque donc un premier tournant — fragile et incertain.

La CBN face à un dilemme monétaire

Pour la CBN, les chiffres publiés ce 15 juillet compliquent la décision attendue par les marchés lors du prochain MPC. Un assouplissement du taux directeur est réclamé par les entrepreneurs et les PME qui souffrent du coût élevé du crédit. Mais la persistance des tensions alimentaires et la fragilité du repli inflationniste plaident pour la prudence. Selon les analystes de BusinessDay, « le Nigeria se trouve à une inflexion délicate : assouplir trop tôt risque de relancer la pression sur les prix ; maintenir les taux trop longtemps freine une économie qui a besoin d'investissements. »

Pourquoi c'est important pour l'Océan Indien

Le Nigeria est la première économie d'Afrique subsaharienne. La trajectoire de son inflation et de sa politique monétaire a des répercussions directes sur les flux d'investissements intra-africains, les échanges avec les opérateurs de la zone OI actifs sur le continent, et l'attractivité globale des marchés africains pour les investisseurs institutionnels. Une CBN qui maîtrise l'inflation sans casser la croissance envoie un signal fort à l'ensemble de la région.

Sources : NBS Nigeria (15 juillet 2026) ; Bloomberg ; BusinessDay ; Daily Post Nigeria ; Nairametrics.

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