Le roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri au poste de Premier ministre le 29 septembre 2026, au lendemain de la victoire du Rassemblement national des indépendants (RNI) aux élections législatives du 23 septembre. Elle devient la première femme à occuper ce poste dans l'histoire du Maroc — et l'une des rares à la tête d'un gouvernement dans le monde arabe.
Un profil ancré dans le développement urbain
Fatima Ezzahra El Mansouri, 58 ans, était jusqu'ici maire de Marrakech depuis 2021, ville qu'elle a portée sur la scène internationale. Elle a supervisé les chantiers de reconstruction après le séisme d'Al Haouz de septembre 2023, qui avait fait plus de 2 900 victimes dans la région. Son parcours l'impose comme une gestionnaire de crises et de grands projets d'infrastructure.
Elle succède à Aziz Akhannouch, dont le Rassemblement national des indépendants avait remporté les précédentes élections de 2021, mais dont le bilan économique a été mis en cause lors de la campagne.
Agenda économique : la Coupe du monde en ligne de mire
Le Maroc co-organise la Coupe du monde de football 2030 avec l'Espagne et le Portugal. Ce chantier colossal — évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars — structure l'agenda de son gouvernement pour les prochaines années : stades, lignes à grande vitesse, hôtels, aéroports, infrastructures numériques.
Le pays vise une croissance du PIB de 3,8 % en 2026, soutenue par le tourisme (record de 17,4 millions de visiteurs en 2025), les investissements directs étrangers et la montée en puissance du secteur des énergies renouvelables, où le Maroc ambitionne de couvrir 52 % de sa consommation électrique par des sources vertes d'ici 2030.
Pourquoi c'est important
« La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri envoie un signal fort sur la gouvernance et l'ouverture du Maroc, à quelques mois d'une présence internationale intense liée au Mondial 2030 », souligne un analyste politique cité par Bloomberg. Le Maroc attire un regard grandissant des investisseurs africains et européens, et cette nomination symbolique pourrait renforcer sa position comme tête de pont entre l'Afrique, l'Europe et le Moyen-Orient.
Pour l'Océan Indien, les ambitions marocaines méritent d'être suivies de près : Casablanca Finance City est le principal concurrent de Maurice dans la bataille pour le statut de hub financier africain, et les deux places se disputent les mêmes flux d'investissements régionaux.