Un jalon décisif pour le commerce énergétique en Afrique de l'Est. L'Éthiopie et le Kenya ont finalisé en septembre 2026 les préparatifs opérationnels permettant de doubler les échanges transfrontaliers d'électricité, pour atteindre 400 MW avant la fin de l'année. Un accord inédit, à 15,5 cents le kWh, qui redessine la géographie énergétique régionale.
Un accord à 15,5 cents le kWh
En juillet 2026, Kenya Power a finalisé un nouveau contrat d'approvisionnement avec l'Éthiopie, établissant le prix à 15,5 cents de dollar américain par kWh. Ce tarif, négocié dans un contexte de demande kényane en forte croissance, ouvre la voie à un doublement du volume importé : de quelque 200 MW actuellement à 400 MW d'ici décembre 2026. Les deux pays ont ensuite finalisé en septembre les aspects techniques et opérationnels de la montée en charge.
L'enjeu est considérable pour le Kenya, dont la demande électrique ne cesse de progresser. L'Éthiopie, pour sa part, transforme sa production hydroélectrique excédentaire — notamment via le Grand Barrage de la Renaissance (GERD) — en recettes en devises étrangères, réduisant ainsi sa dépendance aux exportations de café.
Un réseau régional en construction
Ce renforcement s'inscrit dans la dynamique plus large de l'expansion du réseau électrique est-africain (Eastern Africa Power Pool — EAPP). Kenya, Éthiopie, Rwanda, Ouganda et Tanzanie travaillent à l'interconnexion progressive de leurs réseaux nationaux, avec des projets de nouvelles lignes de transport haute tension. L'ambition : mutualiser les excédents hydroélectriques de la région au profit des pays déficitaires, réduisant à terme la dépendance aux groupes diesel et aux importations de fioul.
Pourquoi c'est important
Pour la région Océan Indien et l'Afrique australe, ce modèle de commerce inter-pays d'électricité propre représente une voie concrète vers la décarbonation et la sécurité énergétique. Madagascar, les Comores et les archipels de l'Océan Indien observent de près ces échanges régionaux : l'Éthiopie montre qu'un pays peut monetiser durablement ses ressources hydrauliques tout en accélérant l'accès à l'énergie de ses voisins. Un modèle que la COI (Commission de l'Océan Indien) pourrait s'inspirer pour le câblage électrique régional.