L’Economist Intelligence Unit (EIU) vient de publier ses prévisions de croissance actualisées pour l’Afrique. Résultat : 13 pays du continent devraient dépasser le seuil symbolique des 6 % en 2026, portés par les infrastructures, le numérique et les investissements directs étrangers. Mais le risque de surendettement tempère l’enthousiasme.
Treize pays au-dessus de 6 %
L’EIU identifie 13 économies africaines susceptibles d’afficher une croissance supérieure à 6 % cette année. L’Afrique de l’Ouest en forme le gros du bataillon avec sept pays — Sénégal, Guinée, Liberia, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo et Niger — tandis que l’Afrique de l’Est aligne l’Éthiopie, l’Ouganda, la Tanzanie et le Rwanda. Libye (Afrique du Nord) et Mozambique (Afrique australe) complètent ce peloton de tête.
À l’opposé, l’Afrique du Sud, première économie du continent, est attendue entre 1,5 % et 3 %, confirmant le décrochage relatif des grandes économies établies face aux émergents du continent.
Quatre moteurs, un frein majeur
L’EIU identifie quatre grands vecteurs de croissance communs à ces pays : le développement des infrastructures (routes, ports, énergie), la transformation numérique, les investissements directs étrangers soutenus — notamment dans les hydrocarbures, les énergies renouvelables et les mines en Afrique de l’Ouest — et l’approfondissement des marchés régionaux via la ZLECAf.
Le frein, en revanche, est systémique : l’endettement a atteint des « niveaux critiques » dans plusieurs économies. L’EIU signale notamment l’Éthiopie, le Mozambique, la Tunisie et la Zambie comme des cas de vulnérabilité élevée au surendettement — des pays qui figurent paradoxalement parmi les plus dynamiques sur le plan de la croissance.
Ce que cela signifie pour l’Océan Indien
La Tanzanie et le Kenya — deux partenaires commerciaux importants pour Madagascar, Maurice et les Seychelles — figurent dans ce palmarès des économies les plus dynamiques. Cette dynamique africaine représente une opportunité de marché croissante pour les exportateurs de la région. Madagascar en particulier, avec ses projets d’exportation de minerais critiques, de vanille et de cacao, est directement concerné par la profondeur de ces marchés de destination.
Pourquoi c’est important
Une Afrique à deux vitesses se dessine : des émergents portés par les ressources naturelles et le numérique qui avancent à 6 % et au-delà, et des économies plus matures qui peinent à dépasser 3 %. Pour les investisseurs de l’Océan Indien, la carte des 13 pays de l’EIU est précisément le type d’indicateur à placer au cœur d’une stratégie de diversification continentale.