La Côte d'Ivoire a lancé le 29 juillet son programme Ivoire Tech, qui sélectionne 30 startups et PME pour 24 mois d'accompagnement intensif adossé à l'intelligence artificielle. L'objectif : porter la part du numérique de 6-8 % à plus de 10 % du PIB ivoirien d'ici 2030, dans un continent où l'Afrique francophone ne capte encore que 10 à 15 % du financement startup africain.
Deux programmes complémentaires
Le dispositif se déploie en deux volets distincts. Ivoire Tech Next 15 cible 15 startups innovantes en activité depuis au moins un an. Ivoire Tech Scale Up s'adresse à 15 PME technologiques matures, prêtes à changer d'échelle. Ensemble, les 30 lauréats bénéficieront de 24 mois d'accompagnement structuré avec accès à des agents IA, des crédits cloud, un accès facilité à la commande publique, et un accompagnement juridique et fiscal.
L'IA comme multiplicateur de ressources
L'originalité du programme réside dans son approche : chaque entreprise sélectionnée reçoit des agents IA dédiés aux fonctions de recrutement, marketing, finance et ressources humaines. Les porteurs du projet les décrivent comme « l'équivalent de deux à trois collaborateurs supplémentaires sans charge salariale » — une façon de pallier le déficit de ressources humaines qualifiées qui freine nombre de startups africaines en phase de croissance.
Un rattrapage nécessaire
L'Afrique francophone subsaharienne ne capte que 10 à 15 % du financement startup africain, malgré un cinquième de la population continentale. La Côte d'Ivoire, avec un numérique contribuant déjà entre 6 % et 8 % à son PIB, fait partie des économies les plus avancées de la zone. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 13 septembre, avec une sélection par jury international et une annonce des lauréats prévue fin septembre à Abidjan.
Pourquoi c'est important
Le programme ivoirien n'est pas isolé — il s'inscrit dans une dynamique régionale plus large où plusieurs pays francophones (Rwanda, Maroc, Sénégal) ont compris que la tech est désormais un pilier économique structurant. La vraie rupture est dans l'usage de l'IA non comme fin en soi, mais comme levier de compétitivité pour des PME qui n'ont ni les moyens ni le temps de recruter. Si le modèle fait ses preuves à Abidjan, il pourrait inspirer d'autres capitales de la zone franc.