Le fonds d'investissement Africa50, soutenu par la Banque africaine de développement, ambitionne de plus que doubler son portefeuille de projets d'ici 2031, ciblant 20 milliards de dollars d'actifs infrastructurels dans 32 pays du continent. Une annonce qui intervient au moment où l'Afrique sub-saharienne peine à attirer les capitaux privés nécessaires à son développement.
Un pari à 20 milliards de dollars
Africa50 dispose aujourd'hui d'un portefeuille évalué à environ 9 milliards de dollars, réparti sur plus de 30 projets dans 32 pays africains. L'objectif annoncé est de porter ce chiffre à 20 milliards de dollars d'ici 2031, soit en un peu plus de cinq ans. Cette ambition, révélée par Reuters le 9 septembre 2026, illustre la montée en puissance d'un acteur qui s'impose comme la principale structure panafricaine d'investissement en infrastructures.
Les secteurs prioritaires sont la production d'énergie — notamment au Cameroun, au Kenya et à Madagascar — et les centres de données, portés par la demande croissante de connectivité numérique en Afrique subsaharienne.
Un continent en déficit chronique
Le contexte justifie l'urgence. Selon la Banque africaine de développement, l'Afrique accuse un déficit annuel de financement des infrastructures estimé à 170 milliards de dollars. Le continent ne capte actuellement que 5 % des investissements mondiaux en infrastructures, alors que les investissements publics y représentent à peine la moitié du seuil recommandé de 7 % du PIB par les Nations Unies pour garantir un développement durable.
Cette équation est particulièrement critique pour les économies insulaires et côtières de l'Océan Indien, dont la compétitivité dépend directement de la qualité des connexions énergétiques, numériques et portuaires.
L'OI dans l'équation africaine
Madagascar figure explicitement parmi les pays ciblés par les investissements d'Africa50 dans le secteur de l'énergie. Cette inclusion est un signal fort : la Grande Île dispose d'un potentiel électrique considérable — hydroélectrique, solaire, géothermique — qui reste très largement sous-exploité. Le taux d'accès à l'électricité y avoisine 20 %, l'un des plus faibles du continent.
Pour les Seychelles, Maurice ou La Réunion, le développement des infrastructures de data centers en Afrique de l'Est représente également une opportunité : celle de se positionner comme hubs régionaux pour des flux de données et de services en forte croissance.
Pourquoi c'est important
Un continent sous-équipé est un continent qui ne peut pas croître. L'ambition d'Africa50 dépasse le simple objectif financier : il s'agit de montrer que l'Afrique peut financer ses propres infrastructures, en mobilisant l'épargne locale et les capitaux institutionnels régionaux. Pour les économies de l'Océan Indien, c'est un virage structurel qui ouvre des marchés, réduit les coûts énergétiques et renforce l'attractivité des zones franches et industrielles. L'argent commence à suivre les projets.
Source : Semafor / Reuters, 9 septembre 2026.