Africa50, le fonds d'investissement pan-africain dédié aux infrastructures, a célébré son 10ème anniversaire les 5 et 6 août 2026 à Dar es Salaam (Tanzanie). Bilan : plus de 15 milliards de dollars mobilisés pour l'énergie, les transports, le numérique et les systèmes hydrauliques. Un cap symbolique — mais qui ne masque pas l'ampleur du retard à combler.
Une décennie de projets structurants
Depuis sa création, Africa50 compte 38 actionnaires issus de 33 nations africaines, plus la Banque Africaine de Développement et la Banque Maghrébine. Le fonds gère 1,2 milliard de dollars d'actifs et supervise des projets en portefeuille actif valorisés à 9 milliards de dollars. Les secteurs couverts sont l'énergie, le transport, l'infrastructure numérique, l'eau et le développement résilient au climat.
Le déficit reste colossal
Malgré ces avancées, la réalité reste préoccupante. La Banque africaine de développement estime que le continent a besoin de 130 à 170 milliards de dollars par an pour ses infrastructures, mais ne reçoit que 62 à 102 milliards — laissant un déficit annuel compris entre 68 et 108 milliards de dollars. Ce fossé freine l'industrialisation, la compétitivité et la création d'emplois formels à grande échelle.
L'Afrique de l'Est et l'Océan Indien comme priorités
Le forum de Dar es Salaam a mis en avant la connectivité régionale et la transformation de l'Afrique de l'Est comme chantiers prioritaires pour la prochaine décennie. Intégration régionale, instruments financiers innovants et collaboration public-privé renforcée sont présentés comme les leviers incontournables. Pour l'Océan Indien, la dynamique est directement liée à la capacité à connecter ports, routes et réseaux numériques aux marchés continentaux africains.
Pourquoi c'est important
Africa50 démontre qu'un modèle de financement mixte, ancré dans les institutions africaines, peut mobiliser des capitaux substantiels. Mais 15 milliards en 10 ans ne représentent qu'une fraction du besoin annuel estimé. Combler 100 milliards de déficit par an requiert une accélération massive de la mobilisation privée, des réformes réglementaires et une gouvernance renforcée des projets. La prochaine décennie sera décisive.