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# [AFRIQUE] L'ATIDI vise 2 milliards de capital : le bouclier africain contre le risque d'investissement change de dimension
- URL: https://businessoi.media/afrique-latidi-vise-2-milliards-de-capital-le-bouclier-africain-contre-le-risque-dinvestissement-change-de-dimension/
- Published: 2026-08-07T13:57:36.000Z
- Updated: 2026-08-07T13:57:36.000Z
- Description: À 25 ans, l'ATIDI a catalysé 93 milliards de dollars d'investissements en Afrique. Elle ambitionne désormais de doubler son capital à 2 milliards dans le cadre du Nairobi Capital Compact, pour porter ses garanties annuelles à 20 milliards et transformer le profil de risque du continent.
- Author: Emmanuel TAOCHY
- Tags: Afrique, Investissement, finance, Clôture, #fr

À 25 ans d'existence, l'ATIDI — l'assureur public africain du risque d'investissement — franchise un cap décisif. La plateforme, qui gérait 9,2 milliards de dollars d'exposition fin 2025, a annoncé lors de son assemblée générale de juillet 2026 à Nairobi son ambition de doubler son capital à 2 milliards de dollars. Un levier qui pourrait démultiplier sa capacité à désrisquer les grands projets d'infrastructure du continent.

## Vingt-cinq ans de garanties, un bilan record

Fondée en 2001, l'ATIDI (African Trade and Investment Development Insurance) a catalysé au fil de ses 25 années d'existence quelque 93 milliards de dollars d'investissements et d'échanges commerciaux en Afrique. En 2025, elle affichait une exposition totale de 9,2 milliards de dollars (+3,4 % sur un an), un bénéfice annuel de 71,4 millions de dollars (+20 %) et des actifs totaux de 1,06 milliard de dollars (+20 %). La notation A accordée par Standard & Poor's et Moody's témoigne de sa solidité financière.

La structure regroupe 24 États membres africains et 13 membres institutionnels, dont la Banque africaine de développement (BAD). Elle opère comme un assureur contre les risques politiques et commerciaux — un outil crucial pour attirer des capitaux privés vers des marchés perçus comme trop instables par les investisseurs internationaux.

## Le « Nairobi Capital Compact » : cap sur 2 milliards

L'annonce phare de l'AGM est l'adoption du « Nairobi Capital Compact », une feuille de route pour porter le capital de l'ATIDI à 2 milliards de dollars dans les deux prochaines années. L'objectif affiché : atteindre 20 milliards de dollars de garanties annuelles, contre moins de 10 milliards actuellement. « Ce qui nous limite, c'est le capital », a déclaré le PDG Manuel Moses lors de la cérémonie à Nairobi.

Plusieurs signaux concrets accompagnent cette ambition. La BAD a quintuplé sa participation à 125 millions de dollars. Le Kenya a augmenté sa mise de 25 à 65 millions de dollars et a offert un terrain pour le siège permanent de l'institution. Des négociations seraient en cours avec 30 nations africaines supplémentaires pour rejoindre le tour de table, ainsi qu'avec des États du G7.

## Un modèle de financement alternatif pour le continent

Ce que l'ATIDI incarne, c'est une tentative de résoudre l'équation africaine du financement : des besoins en infrastructure estimés à plusieurs milliers de milliards de dollars, face à des capitaux publics insuffisants et des capitaux privés qui fuient le risque. La garantie, en absorbant le risque politique — nationalisations, non-transfert de devises, ruptures de contrat —, rend les projets bankables aux yeux des investisseurs institutionnels internationaux. C'est précisément ce que le continent a besoin de faire à grande échelle.

## Pourquoi c'est important

Pour les économies de l'Océan Indien, l'ATIDI représente un outil sous-utilisé. Madagascar, les Comores et d'autres États membres pourraient s'appuyer sur ces mécanismes de garantie pour attirer des investissements dans leurs secteurs prioritaires — énergie, ports, télécommunications. Un ATIDI capitalisé à 2 milliards de dollars, capable de garantir 20 milliards de projets par an, changerait concrètement le profil de risque de la région aux yeux des grands fonds d'infrastructure mondiaux. C'est le type d'outil dont l'Océan Indien a besoin pour passer du statut de marché émergent à celui de destination d'investissement mature.